30 Octobre 2012
Le Tiers-Paysage –fragment indécidé du Jardin Planétaire- désigne tous les espaces où l’homme abandonne l’évolution du paysage à la nature (les espaces de transition, les friches, marais, landes, tourbières, les bords de route, rives, talus de voies ferrées, etc …)
Le Tiers-Paysage constitue l’espace privilégié d’accueil de la biodiversité. Les villes, les exploitations agricoles et forestières, les sites voués à l’industrie, au tourisme, à l’activité humaine, l’espace de maîtrise et de décision sélectionne la diversité et parfois l’exclut totalement. Le nombre d’espèces recensées dans un champ, une culture ou une forêt gérée est faible en comparaison du nombre recensé dans un délaissé qui leur est attenant. Considéré sous cet angle le Tiers-paysage apparaît comme le réservoir génétique de la planète, l’espace du futur … il est à prendre avec une réelle considération, car il risque de jouer un rôle essentiel dans les années à venir (protection nature, environnement).
Le terme de Tiers-Paysage date de 2003 et vient d’une analyse paysagère du site de Vassivière en Limousin. Gilles Clément avait mis en évidence le caractère binaire de ce paysage :d’un côté l’ombre avec les exploitations forestières dominées par le douglas, paysage réglé par l’ingénieur forestier ; de l’autre côté la lumière avec les exploitations agricoles principalement vouées à l’élevage, paysage réglé par l’ingénieur agronome. Un troisième ensemble constitué de landes, tourbières, ripisylves, côtes abruptes, bords de routes, accueille la totalité des espèces chassées des terres exploitées, capables de vivre sous ce climat et sur ce terrain.
Le terme de Tiers-Paysage ne se réfère pas au Tiers-Monde mais au Tiers-Etat. Il renvoie au mot de l’Abbé Siéyès : « Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? – Tout – Quel rôle a-t’il joué jusqu’à présent ? - Aucun – Qu’aspire-t-il à devenir ? – Quelque chose. »